02.10.2007

A propos de la Breizh Touch à Paris

« Comme la plupart des Bretons, je me suis félicité du succès obtenu par le défilé, parfaitement organisé, sur les Champs Elysées. Seul point critique, mais non négligeable, il eût fallu profiter de cette occasion inespérée pour promouvoir, même modestement, notre langue bretonne. Ceci aurait pu être fait à partir d’explications (d’ailleurs sollicitées), comme celles concernant l’origine du préfixe « plou » et « plo », relevés dans la dénomination de nombre de nos communes, ainsi que la règle relative à l’emploi d’un singulier suite à un chiffre (cinq bagad mais des bagadoù). Je pense qu’il été aurait été opportun, pour ce faire, d’interroger Alan Stivell, présent sur les lieux ».

Gant va gwellan gourc’hemmenou !

Armel Calvé, QUIMPER (29)

25.09.2007

Langues régionales, un débat jamais lancé ...

Suite à l'interview de Mr Poignant, j'aimerais vous faire part de quelques réflexions. La langue bretonne est en fin de vie, et cela, malgré tout les efforts des militants bretons depuis 30 ans. Ce ne sont pas les quelques miettes dans l'enseignement ou les médias, parcimonieusement octroyées par les gouvernements successifs, qui permettraient de faire mieux qu'un simple accompagnement thérapeutique vers une mort annoncée et attendue avec impatience par d'aucuns. Mr Poignant, c'est connu, n'est pas de ceux qui souhaitent une longue vie à la langue bretonne. Il serait plutôt de ceux qui auraient souhaité la voir disparaître en même temps que les chevaux de traits et les penn-ti à toit de chaume ; "émouvante relique du passé!" .

Pourtant le breton respire encore - le moribon s'accroche à la vie - et Mr Poignant avec ses amis jacobins de gauche et de droite, de jouer donc maintenant la montre, se retranchant derrière  les " grands principes de notre République" qu'il ne se propose pas de changer. Ils préférent laisser "du temps au temps", c'est à dire le délai nécessaire pour que la langue bretonne meurt "d'une belle mort" ( si possible d'apparence naturelle ... ) ainsi le crime sera parfait ... Mais après tout Mr Poignant est dans son rôle, celui du jacobin bien pensant, il n'a pas l'hypocrisie qu'ont d'autres en Bretagne de s'affirmer, la main sur le coeur, des amis de la langue bretonne et de disparaître ou d'être aux abonnés absents lorsqu'il faut joindre les actes à la parole.

Car dans la situation où se trouve la langue bretonne il faudrait une mobilisation de tous, mais surtout des "décideurs et leaders bretons" pour imposer une politique volontariste et efficace en faveur de la langue bretonne. Nous en sommes bien loin. En attendant, pendant que nous luttons sur le terrain, militants bretons, enseignants bilingues, parents-d'élèves ... pour sauver les quelques " miettes Républicaines", les Gallois, Catalans, Ecossais avancent lentemen  t mais sûrement vers l'émancipation politique, seul statut permettant à un peuple de décider en concience et en toute liberté de l'avenir de sa langue et de son identité. Mr Poignant comme d'autres hommes politiques de gauche ou de droite avaient le choix depuis 30 ans entre "émarger mensuellement aux succursales locales de partis français" et " écrire une nouvelle page de l'Histoire de la Nation Bretonne" ... que croyez-vous qu'ils aient choisi ?

Paskal Tabuteau, Professeur de langue bretonne, Plouay (56)

23.03.2007

Du Breton au Gallo et vice versa

Autrefois en Haute Bretagne on disait : Je suis Breton(ne), Breton (ne) de Haute Bretagne, sot(te) Breton(ne) mais Breton(ne) tout de même. Et il est vrai que la Haute Bretagne Galèse partage avec un grand ouest une langue d’oil, un peu enrichie de Breton, 20% je crois, mais qui ne spécifie pas la Bretagne. Il va donc être éminemment politique de jouer le Breton contre le Gallo dans la perspective de diviser pour mieux faire régner les partisans du jacobinisme. (= centralisation – hégémonie –  nationalisme déguisé sous les valeurs de la république)

Les populations galèses, dont je suis, attachées à la langue de leur terroir, peuvent elles aussi jouer le jeu de la discorde, à savoir choisir entre le Breton et le Gallo. Je choisis personnellement de travailler à sauver la langue bretonne  ici, en Bretagne, chez moi. C’est une langue que j’ai découverte en plusieurs étapes. Les vieux noms bretons des villes, villages et lieux dits des pays de Rance conservent la saveur de la langue du Vieux Pays breton.
Ensuite Ma Grand’Mère utilisait des mots de Breton en croyant que c’était du patois. Elle me disait «Huche pas d’mém» (huchal = crier en Breton) ou encore « chom’ta là » (chom = mets toi-là, reste-là) etc…

Pourquoi, lorsque j’étais petite fille, courions-nous avec mes cousins et toute la famille, à l’Eglise (Ste Thérèse, je crois, à  Rennes) pour entendre la messe en Breton, une fois l’an, avec la curiosité et la ferveur que donnent la promesse d’un retour aux sources ? Ensuite j’ai voulu, sur le tard, apprendre le Breton. Un « brezhoneg chimic » d’université, de cours du soir et de « crash course ». J’ai appris, désappris, re-appris. J’ai fini par le lire un peu sans pouvoir le parler vraiment.

Cela à suffi par le mettre dans mon cœur à jamais. Le Breton est une très vieille langue, d’une profondeur culturelle qu’il convient de préserver à l’égal des trésors de l’humanité et les visées politiques d’un moment de l’histoire ne doivent pas l’entraver sous peine de vandalisme. Que nous soyions Bretons ou Gallos, parfois installés chez les uns ou 
les autres,  mariés et « cousinés » entre nous, ne nous laissons pas déposséder de nos héritages les plus fondamentaux que sont culture, langue et histoire. Et je ne voterai jamais pour un candidat qui préconiserai la lutte 
entre le Breton et le Gallo sur le sol même de nos ancêtres, ni pour la partition de la Bretagne, ni pour l’interdiction de parler dans la langues ou les langues de notre Pays, La Bretagne.

Colette Trublet, Rennes

15.01.2007

A propos de Youenn Drezen

Samedi une association, "la libre pensee" demandait de débaptiser une rue Youenn Drezen. Ce personnage est l'un des plus importants écrivains en langue bretonne, avec PJ Hélias.  Egalement Bigouden, de Pont L'Abbé, il a écrit au moins deux oeuvres importantes: Skol Louarn Veig Trebern (dans le genre "guerre des boutons") et Intron Varia Garmez, traduit : "Notre Dame Bigouden" dont l'action se passe pendant le Front Populaire où il prend position pour le peuple en grève contre la gendarmerie. Pendant la guerre il a collaboré à la presse nazie antisémite, en toute connaissance de cause. Mais voilà, la Libération a eu lieu ainsi que l'épuration, qui a été bien plus superficielle que ne le disent les mouvements bretons. L'impunité de Bousquet et Papon par exemple. De Gaulle avait donné deux instructions: ne pas diviser les francais et pour les autonomistes, que seuls les actes et non les opinions soient punies. C'est ce que les spécialistes retiennent.
Donc venir aujourd'hui rejuger Youenn Drezen revient à dire que les résistants n'ont pas assez bien fait leur travail, n'ont pas été assez sévères. Je ne sais même pas si Drezen a dû répondre devant la justice, mais personnellemnt je ne pense pas qu'on doive "finir un travail", sinon il y a un paquet d'écrivains, journalistes, chanteurs et chanteuses à virer des rues! Drezen mérite bien une rue, en tant qu'écrivain.

Philippe Rogel, Brest

Pour information, article diffusé dans Le Télégramme le 13/01/2007 :

 La Libre Pensée contre la rue Youenn-Drezen

La Libre Pensée 29, Cercle Jean-Marie Deguignet, a réitéré, hier, son souhait de voir débaptiser la rue Youenn-Drezen. Une demande en souffrance depuis un an.

Le nom de Youenn Drezen, attribué en 1982 à une rue du Moulin-Blanc, fait débat. En février 2006, Lucie Aurigny, présidente de la Libre Pensée 29, avait, dans un courrier adressé au maire de Brest, fait part de son indignation. « Cette rue porte le nom d'un nationaliste breton qui s'est particulièrement et tristement signalé, dans les périodes les plus sombres de notre histoire, par ses positions fascistes, racistes et anti-républicaines », écrivait l'intéressée qui ajoutait : « Nous pensons que la commune de Brest, ville martyre de l'occupation nazie, serait bien inspirée de prendre modèle sur l'initiative du conseil général qui, naguère, avait conduit à la débaptisation du collège Diwan du Relecq-Kerhuon, indignement nommé "Roparz-Hémon" ». Aucune réponse ne lui étant parvenue, la Libre Pensée a expédié, en novembre, une lettre à chacun des conseillers municipaux pour réclamer l'inscription de la question à un prochain conseil municipal. « A ce jour, nous n'avons toujours pas de nouvelles ».

Un livre noir des « atteintes à la laïcité

» D'autre part, l'association, qui revendique dans le Finistère une cinquantaine d'adhérents, a apporté sa contribution à « l'inventaire laïque » qui, sous la forme de la publication d'un livre noir, entend pointer du doigt tout ce qui déroge, à ses yeux, à la loi de séparation de l'Eglise et de l'Etat du 9 décembre 1905. La Libre Pensée dénonce notamment « les dix milliards de fonds publics détournés au profit de l'église catholique, dix milliards volés chaque année à la République laïque ». Et réclame l'abrogation de la loi de Pétain du 25 décembre 1942 qui, s'agissant des associations cultuelles, prévoit que « ne sont pas considérées comme subventions les sommes allouées aux édifices affectés au culte public, qu'ils soient ou non classés monuments historiques ». Le 21 janvier prochain, l'association prévoit un banquet républicain pour marquer la mort de Louis XVI, en 1793.

L'association tient une permanence le troisième mercredi de chaque mois, à la maison des associations, 1, rue Proud'hon, à 19 h.

02.11.2006

Lettre ouverte sur l'orthographe de Branderion en Bretons

Monsieur le Maire,

L'association culturelle Bemdez, réunie en bureau, souhaite vous interroger publiquement quant à vos déclarations sur l'orthographe de Branderion en breton, exprimées par voie de presse.
En effet, nos membres ayant œuvré pour la mise en place d'une signalisation bilingue dans le département du Morbihan sont fort surpris de votre réaction.

Ainsi, nous nous permettons de vous demander pourquoi contestez-vous l'orthographe standardisée choisie pour Branderion alors que :

- ce choix est ancien et a déjà été largement diffusé par les parutions de l'Office de la Langue Bretonne ;
- vous devez savoir que localement la prononciation s'éloigne toujours de la forme la plus usitée. L'orthographe étant un code, tendant notamment à répondre aux évolutions phonétiques locales, les différences de prononciation éventuelles ne s'en trouvent en rien exclues. Toutes les langues de la terre ont un fonctionnement propre aboutissant un système orthographique à acquérir ;
- vous avez été absent du combat pour la langue bretonne sur la signalétique dans le département du Morbihan. Alors, pourquoi contester maintenant ces choix ?

Dans l'attente de votre réponse, nous vous prions de croire, Monsieur le Maire, en l'expression de nos sentiments bretons les meilleurs.

Pour Bemdez,
Bertrand Deléon.