08.04.2009
La Radio Numérique peut-être ? mais surtout pas le T-DMB !
Dans le cadre du « Tout Numérique », l’Europe et la France ont décidé, après la TNT, la Télévision Numérique Terrestre, fortes de son succès, de lancer la Radio Numérique Terrestre, qui devrait apporter à l’Auditeur une meilleure qualité d’écoute par rapport à la FM actuelle, ainsi qu’un maximum d’interactivités, grâce à son écran incorporé, tel l’affichage de la météo, de la pochette du disque, du titre diffusé, de la publicité, etc… De surcroît, elle permettrait en tout point du territoire national, de capter sa radio généraliste préférée, ainsi qu’un maximum de nouvelles Radios.
Sur le papier, l’intention est louable, mais dans la réalité est-ce vraiment faisable techniquement et financièrement pour les Editeurs de Programmes, et pour les Auditeurs, qui devront changer 7 postes en moyenne par foyer au prix moyen de 100 € le poste, car contrairement à la TNT, il ne suffit pas de rajouter un boîtier, il faut obligatoirement changer de postes.
A la demande du Gouvernement, le CSA vient de lancer un appel à candidatures pour la Radio Numérique dans 19 villes de la Métropole, suivant la norme T-DMB. Suite à cet appel, il se targue d’avoir reçu 358 demandes, et devrait prendre ses décisions en mars ou en juin 2009. Tout paraît donc aller pour le mieux, mais pourtant, même si pratiquement toutes les Radios ont déposé une demande, la plupart d’entre elles n’ont pas l’intention de donner suite, avec cette norme T-DMB tout du moins, car subsistent plusieurs questions majeures concernant la faisabilité technique et surtout le coût. Avant la crise, ce n’était déjà pas viable financièrement, mais avec une baisse de 20 % du marché publicitaire local et national, ce serait carrément du suicide.
Suite à une vaste consultation nationale lancée auprès de tous les acteurs concernés par la Radio Numérique, le Gouvernement a retenu deux normes de diffusion, le DRM et surtout le T-DMB sous la pression du GRN, Groupement pour la Radio Numérique réunissant Radio France, les Réseaux Nationaux (NRJ, Lagardère, RTL, etc…) et le Sirti (Syndicat des Radios et Télévisions Indépendantes).
A noter que ce GRN n’a absolument aucune existence légale, n’étant ni un club, ni une association dûment constituée, ni un syndicat, ni encore moins une société déclarée ou un GIE.
A noter également que le Sirti, syndicat qui compte plus d’une centaine d’adhérents et sensé défendre leurs intérêts, n’a jamais consulté ces derniers sous aucune forme que ce soit, pour choisir et soutenir l’option T-DMB, ce choix ayant été fait unilatéralement par la Présidence, il serait donc curieux et intéressant de connaître enfin l’opinion de ses adhérents.
Le T-DMB : norme rejetée par tous les Pays Européens, utilisée uniquement en Corée, pour diffuser de la télévision, très gourmande en bande passante, limitant ainsi le nombre de nouveaux entrants sur le marché, en particulier les opérateurs de téléphonie mobile, le but non avoué étant de bloqué la Bande III pour la Radio uniquement, d’étrangler financièrement les « Petites Radios » pour que les « Grosses » les rachètent à vil prix, ceci expliquant sûrement cela.
Le T-DMB est absolument inutilisable en zone rurale, diffusant uniquement dans un rayon de 10 Kms autour du point d’émission. Il faudrait donc, au minimum, doubler le nombre d’émetteurs T-DMB par rapport au nombre d’émetteurs FM actuel, en disposant un émetteur tous les 10 Kms avec les nuisances supplémentaires qui l’accompagne (pylônes, cabines techniques, ondes radio-électriques) à l’heure même où la justice vient de condamner le Groupe Bouygues Télécom à démonter l’un de ses pylônes pour ces mêmes motifs.
Obligation est faite par la loi d’utiliser les services d’un diffuseur reconnu et agréé, et de se regrouper au sein d’un multiplexe composé de 9 Radios, sous forme de syndic en quelque sorte, ce qui implique, que si l’une des 9 Radios ne paie pas ses loyers, ceux-ci devront être honorés par les 8 autres Radios du multiplexe. Si 9 Radios n’ont pas réussi à se réunir d’elles même sur un multiplexe, ceci risquant d’arriver dans la plupart des villes, impliquera au CSA de constituer lui-même ces multiplexes, imposant de fait des co-locataires qui n’avaient pas forcément envie de cohabiter, surtout si certains de ces derniers sont fragiles financièrement. Actuellement 3 diffuseurs de multiplexes existent en France : TDF, Towercast, et VDL. Après demande de devis, le moins disant pour une ville de Province annonce un loyer de 10 000.00 € H.T par an et par émetteur T-DMB.
LE DRM + : Toujours en phase de test en février 2009, le DRM +, dérivé du DRM, serait certainement la norme sans licence la plus adaptée pour les Radios, en particulier les petites Radios Commerciales (catégorie B), ainsi que les Radios Associatives (catégorie A). Cette norme permet une diffusion In Band en utilisant une partie de la bande passante, c’est-à-dire que dans un premier temps, avant l’arrêt total et définitif de la FM, en ajoutant simplement un codeur numérique d’une valeur actuelle de 12 000.00 € H.T (le prix devant baisser largement en fonction de la demande), et pour le moment un deuxième ampli émetteur, elle permet, en utilisant les mêmes antennes, de diffuser à la fois la FM et le Numérique sur les fréquences existantes, les techniciens travaillant sur la possibilité de n’utiliser à l’avenir qu’un seul émetteur, les zones de diffusion restant identiques à celles de la FM, Dans un deuxième temps, à l’arrêt définitif de la FM, la totalité de la bande passante serait consacrée à la Radio Numérique. Le CSA vient de donner son accord au SNRL (Syndicat National des Radios Libres) pour réaliser des tests « grandeur nature » pendant 4 mois en DRM +, espérons que ceux-ci convaincront définitivement le CSA, et permettront à ceux qui le désirent, de modifier leur candidature en remplaçant le T-DMB par le DRM +.
Interpellation du Gouvernement et du CSA :
Vu la crise économique, les test en cours du DRM +, l’avis du Gouvernement prévu pour l’aide au financement de la Radio Numérique en juillet 2010, l’arrêt du signal analogique de Canal + prévu fin 2011, ne serait-il pas opportun et intelligent de reporter le lancement de la Radio Numérique en France à une date ultérieure, de manière à réaliser ce passage « presque » obligé dans les meilleures conditions techniques et financières ???
Gilbert Le Gac, HENVIC
11:44 Publié dans Médias | Lien permanent | Commentaires (4) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : tnt, radio numérique, fm









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Commentaires
Je suis tout à fait d'accord avec votre article!
En france on est superieur et on ne fait jamais comme
tout le monde !
En tout ca , ce n'est pas la peine de nous 'bassiner' tout le temps avec l'EUROPE alors que nous voyons que nous ne respecterons pas visiblement la norme Européenne qui est justement le DAB ;J'avais envoyé une lettre au CSA dans ce sens il y a quelques années...
Ecrit par : Fabien Laplante | 21.04.2009
Votre article est tout a fait juste. Malgre tout il me semble que des constructeurs proposent des antennes/tuner pour un prix derisoire de 20 a 40 euros, connectable a tout types de radios, autoradios. La RNT sera donc comme la TNT, un accessoire au FM actuel
Ecrit par : Renaut Bourjat | 05.06.2009
T-DMB ? un rayon de 10Km par antenne ?? pour 2000...10,11,12....? Non,il doit très certainement s'agir d'une farce !!!!!
Pauvre France !
Ecrit par : thierry | 23.10.2009
Que dire, la TNT partout en France, cela parait peu pensable si rapidement. Je vois qu'ici on a encore du mal à avoir l'adsl et plus que la 1, 2 ou la 3 ... Alors la TNT, ça ressemble plus à un rêve qu'une proche réalité ...
Ecrit par : Costaud | 04.11.2009
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