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27.06.2008

Langues régionales. Réflexions d’une Bretonne de coeur

Etant installée en résidence secondaire dans le Trégor depuis 15 ans, c’est avec un intérêt particulier que je suis le débat autour des langues régionales. Je trouve ce débat de plus en plus decevant, d’autant plus que les arguments avancés par les adversaires de l’amendement à la Constitution datent vraiment d’avant-hier. A mon avis les langues régionales de France ne sont ni le patrimoine de la Nation ni celui de la République, qui les a toujours combattues. Chaque langue appartient au patrimoine de l’humanité, qu’elle soit tribale, régionale, nationale, mondiale. Mais faisons abstraction de l’humanité et bornons nous, pour être plus concrets, à l’Europe. L’ensemble des langues (et cultures) européennes me paraissait toujours comme un magnifique bouquet de fleurs. Si l’une de ces fleurs se meurt, parce qu’on ne lui donne pas assez d’eau et d’air, le bouquet ne sera plus le même.


Nous, les Européens, devons tous soigner ce bouquet, pour qu’il continue à fleurir dans toutes ses couleurs, et tous nos états doivent soutenir ces efforts. Que la Grande Nation n’ait toujours pas ratifié la Charte europénne des langues minoritaires, est honteux et ne parle pas en faveur de ses élus et dirigeants, mais aussi d’un manque de pressi on de la part des minorités elles-mêmes et d’un manque d’engagement de la presse régionale. D’après la déclaration de l’Académie Française la reconnaissance des langues régionales porterait „atteinte à l’identité nationale“. A mon avis le français en tant que principe constitutif de la République (et de l’identité nationale) n’est pas menacé par l’alsacien ou le basque, mais par ceux qui le parlent et écrivent mal et encore davantage par ceux qui succombent à chaque pas à l’anglais. C’est vrai pour les journalistes aussi. En feuilletant le “Télégramme” par exemple, on se demande, ce que le “forcing”, le “trust estival” et le “crossover” (19 juin, page 11), le “Babyfirst” et le “low cost”, qu’on va “booster” (21 juin, pages 3, 10) ont à faire dans un journal français? Ce n’est pas “cool” du tout!

Aussi j’aimerais vous dire, que – durant les années 1990 – le Bundestag a mené toute une session en langues régionales et dialectes. C’était extraordinaire d’entendre les députés parler le plattdütsch, le danois, le frison, le sorabe (qui est une langue slave proche du polonais et du tchèque, parlée en Lusace) à la haute tribune. Parmi les députés il y avait même un Vert d’origine turque qui parlait le plus beau souabe qu’on puisse s’imaginer. Et tout cela n’a point mis notre identité nationale en cause. Le fait que M. Stanislaw Tillich, le nouveau Premier ministre de la Saxe, est Sorabe, ayant reçu un enseignement bilingue dès l’enfance, ne la menacera pas non plus. Le senateur Jean-Luc Mélenchon appelle les écoles Diwan des “sectes” (Monde, 3 juin). M. Melenchon, un élu du people (de manière indirecte, il est vrai), se permet d’insulter des citoyens qui font un travail tout à fait admirable. Après tout, sauver le Breton, c’est un travail de Sisyphe. Mais, à juger d’après les résultats du dernier sondage CSA/Ouest France, une grande majorité des Français supporte l’inscription des langues régionales dans l’article premier de la Constitution. Du coup ce sont M. Mélenchon et ses amis qu’il faut appeler “sectaires” !  

Butenschoen Dr. Marianna, Journaliste, Hambourg

Voir notre article du 21 juin 2008 : Langues régionales. Le débat relancé

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Commentaires

Petra ouzhpennañ ?
Brav meurbed eo lakaat keñver ha keñver hor yezhoù hag ar bleunioù, ket gwir m'az eo.

Gwir eo ouzhpenn n'eo ket Frañs perc'henn eus hor yezhoù. Ul lodenn eus glad ar bed emaint. Tra ken.

Mersi bras deoc'h.

Ecrit par : teb | 08.07.2008