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02.06.2008

La réforme ?... Question de pédagogie !

Nous avons un ministre de l’Education Nationale qui est là pour réformer… Sinon, il serait aussi bien en retraite (c’est lui qui le dit). Cette belle volonté ne garantit pas qu’il y parvienne…

Ainsi sa réforme sur les programmes du primaire est loin de faire l’unanimité dans nos écoles (privées ou publiques). Ce Ministre de l’Education Nationale est sans doute celui qui aura le plus tiré sur les pédagogues et la pédagogie. La recherche en pédagogie serait pour ce monsieur le seul domaine où les chercheurs n’auraient rien trouvé depuis 40 ans. Les scientifiques font avancer la science, les ingénieurs font avancer la technique, mais les pédagogues font reculer la connaissance… Sinon pourquoi ce bon docteur Darcos nous propose-t-il des remèdes (d’ailleurs déjà inopérants à l’époque) des années 50 ? Je ne saurais trop lui suggérer de réfléchir à la durée de sa réforme. Dans quatre ans auront lieu de nouvelles élections, une nouvelle majorité (hypothèse envisageable à défaut d’être certaine) fera très rapidement un sort à ces programmes 2008. Et le balancier repartira dans l’autre sens. Les enseignants continueront à faire leur petite tambouille en se disant qu’il vaut mieux se fier à sa propre expérience plutôt qu’à ces politiques qui n’y connaissent rien…

Pourtant un autre scénario était (est ?) possible. Les programmes 2002, écrits sous la même majorité présidentielle, élaborés après un large travail de réflexion, font consensus dans le métier (à l’exception d’une petite minorité « bien introduite » dans les milieux littéraires…). Pour autant ces programmes, exigeants, intelligents, etc, ne sont pas parfaits : des flous, des contenus à revoir, des méthodes à interroger, des cadres horaires à repenser, etc., laissaient un champ ouvert à des adaptations nécessaires.

On peut dès lors se demander pourquoi avoir tout balayé pour produire un texte aux accents réactionnaires, qui aura une durée de vie limitée, là, où fort d’une concertation, on pouvait construire, modifier, améliorer et donc mener une véritable réforme appelée à durer. Question de méthode. Question de pédagogie.

Changer les programmes aujourd’hui, de cette façon, c’est paradoxalement favoriser l’immobilisme. « A quoi cela sert-il de changer mes pratiques puisque dans 2 ans, 4 ans, on me demandera de les modifier de nouveau ? ». Nous avons un ministre qui n’aime pas les pédagogues, ce qui n’est pas grave… Il n’aime pas non plus la pédagogie, et cela est bien plus dommageable pour lui, pour les enseignants, et surtout pour les élèves.

Clech Didier (instituteur) - Brest

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Commentaires

Je nuancerai sur les années 50. Les enfants qui avaient une dizaine d'années à cette époque, ne se débrouillent pas si mal. Je suis étonnée chaque fois que je rencontre des blogueurs de plus de 60 ans par leurs capacités à s'adapter aux nouvelles technologies. Les élèves d'aujourd'hui auront-ils des capacités similaires ?
Mais ce n'est pas en essayant de plaquer du type "années 50" aujourd'hui que l'on perfectionnera l'enseignement …

Il serait intéressant de voir le respect de l'enseignement, et des enseignants, à cette époque là … Les élus critiquaient-ils autant les personnels ? Peut-être y a-t-il des traces dans les archives du Télégramme ?

Restons modestes aussi, tous les élèves des années 50 ne sont pas performants … Un agrégé n'hésite pas à se ridiculiser dans des émissions "grand public" par ses incompétences (Passé antérieur ou règle de 3). Preuve que le système a eu quelques lacunes !

Ecrit par : Sans importance | 02.06.2008