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18.12.2007

Divorce devant notaire, pourquoi pas en mairie

La vision  de  la   famille moderne  serait donc devenue  purement et simplement  une affaire de gros sous et  de   finances publiques.  Voilà  les enfants logés à l’enseigne des biens  comme meubles et immeubles dont sont déjà chargés  les   notaires  quelle que soit la formule des divorces.
Divorcer serait  alors simple prestation de service demandée au notaire de son choix.
Tous ceux qui sont passés par l’épreuve d’un divorce  savent combien  il n’en va pas ainsi, quelque soit la formule au menu. La quiétude n’existe jamais  en période de divorce.

Si l’on en croit les nouvelles du jour, ce projet tant surprenant  que soudain  consisterait   à déshabiller Paul, l’avocat, pour habiller  Jacques le notaire. Pendant que l’opinion publique se nourrit d’un tel archaïsme de regard sur la question soulevée sur le fond, s’attardant  à examiner  des luttes fratricides dignes des textes bibliques, elle évacue du même coup  le sort réservé à la justice de ce pays.
Voilà donc cette grande Dame traitée en épouse affaiblie et soumise au bon vouloir d’un Roi.
Sous couvert d’économie en deniers publics, un  nouvel ordre se profile en  grignotant sournoisement   l’un des trois piliers qui fondent le principe de toute démocratie digne de ce nom.  Tout un pan judiciaire se distribue,  serait prêt à se vendre  aux plus offrants des intérêts  privées,   « Droit devant mais tout  le reste de travers » disait  Coluche.
« Bien aimés notaires  de ce riche  pays,  servez-vous je vous prie sur  le dos de la Dame ! »

Les couples qui divorcent peuvent-ils se laisser aller à croire un instant  que Jacques le notaire travaillerait plus vite et  coûterait  moins cher  que Paul l’avocat ?  Non seulement je  doute mais  je crains même  l’inverse au temps  du solde de tout  compte. A y regarder de plus près c’est peut-être bien chez le notaire que tout traîne  en longueur  dès lors qu’il existe le moindre  bien de communauté stocké là.
Quant à  l’avocat,  il n’a jamais fait  office de décideur par-dessus le marché et jusqu’à preuve du contraire Il ne liquide rien et   n’est  pas rédacteur d’un jugement. Il ne servirait donc il à rien dans l’affaire puisqu’il ne juge de rien ? Plutôt rassurant au final. Son travail de fond n’apparaît bien  souvent   que  bien après l’épreuve.

Alors dans la balance du divorce, le quel de ces deux frères devenus ennemis de circonstances jouera  les cartes à cœur quand le cœur des clients ne peut plus réagir sereinement pour remonter  jusqu’à la raison ?

Pauvres  citoyens que nous sommes avec nos cartes bancaires,  quand nous  réaliseront à l’usage  que nous risquons d’être  livrés  à l’arbitraire total  d’un  Notaire,  juge et partie rédigeant  le  certificat de bonne conduite du couple en guise  de jugement, le tout dans un  bureau  feutré,  à l’abri du   regard et  du contrôle d’un tiers non payant  qu’est le juge. Qui peut croire à l’impartialité  du notaire d’autant plus s’il a  pour client une des deux familles du couple ?

Le divorce n’est pas un contrat,  un accord.  C’est d’abord  rupture, le consentement  mutuel n’est que pur montage juridique loin des réalités humaines. Si l’accord existait  à tous les étages  entre époux, ils ne divorceraient  pas  Ne nous égarons pas sur la nature même du  problème dont on parle.

Non vraiment j’ai beau faire le tour de la question,  je ne vois que le juge désintéressé,   compétent et sérieux, du fait de son statut et de sa formation,  capable  de  garantir l’impartialité, l’équité et  la protection des intérêts de chacun et, des plus vulnérables, des riches comme des pauvres.

Si les notaires, spécialistes de l’immobilier  à titre principal pour nourrir l’entreprise, se retrouvent au devant de la scène sans qu’ils n’aient jamais rien demandé, y aurait-il derrière tout ce remue-ménage quelques palais de justice   à vendre, à rentrer  pour l’office en guise de récompense de la bonne volonté ?
Avocats, ceux qui ne confondent jamais le  serment d’origine  avec une  formule césame seraient-ils eux aussi  à mettre à la poubelle ?

Anicette Daniel, Vannes

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