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23.03.2007

Du Breton au Gallo et vice versa

Autrefois en Haute Bretagne on disait : Je suis Breton(ne), Breton (ne) de Haute Bretagne, sot(te) Breton(ne) mais Breton(ne) tout de même. Et il est vrai que la Haute Bretagne Galèse partage avec un grand ouest une langue d’oil, un peu enrichie de Breton, 20% je crois, mais qui ne spécifie pas la Bretagne. Il va donc être éminemment politique de jouer le Breton contre le Gallo dans la perspective de diviser pour mieux faire régner les partisans du jacobinisme. (= centralisation – hégémonie –  nationalisme déguisé sous les valeurs de la république)

Les populations galèses, dont je suis, attachées à la langue de leur terroir, peuvent elles aussi jouer le jeu de la discorde, à savoir choisir entre le Breton et le Gallo. Je choisis personnellement de travailler à sauver la langue bretonne  ici, en Bretagne, chez moi. C’est une langue que j’ai découverte en plusieurs étapes. Les vieux noms bretons des villes, villages et lieux dits des pays de Rance conservent la saveur de la langue du Vieux Pays breton.
Ensuite Ma Grand’Mère utilisait des mots de Breton en croyant que c’était du patois. Elle me disait «Huche pas d’mém» (huchal = crier en Breton) ou encore « chom’ta là » (chom = mets toi-là, reste-là) etc…

Pourquoi, lorsque j’étais petite fille, courions-nous avec mes cousins et toute la famille, à l’Eglise (Ste Thérèse, je crois, à  Rennes) pour entendre la messe en Breton, une fois l’an, avec la curiosité et la ferveur que donnent la promesse d’un retour aux sources ? Ensuite j’ai voulu, sur le tard, apprendre le Breton. Un « brezhoneg chimic » d’université, de cours du soir et de « crash course ». J’ai appris, désappris, re-appris. J’ai fini par le lire un peu sans pouvoir le parler vraiment.

Cela à suffi par le mettre dans mon cœur à jamais. Le Breton est une très vieille langue, d’une profondeur culturelle qu’il convient de préserver à l’égal des trésors de l’humanité et les visées politiques d’un moment de l’histoire ne doivent pas l’entraver sous peine de vandalisme. Que nous soyions Bretons ou Gallos, parfois installés chez les uns ou 
les autres,  mariés et « cousinés » entre nous, ne nous laissons pas déposséder de nos héritages les plus fondamentaux que sont culture, langue et histoire. Et je ne voterai jamais pour un candidat qui préconiserai la lutte 
entre le Breton et le Gallo sur le sol même de nos ancêtres, ni pour la partition de la Bretagne, ni pour l’interdiction de parler dans la langues ou les langues de notre Pays, La Bretagne.

Colette Trublet, Rennes

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