18.12.2006
Intelligence économique. Les gendarmes se mobilisent
mercredi dernier, 13 décembre, j'ai lu l'interview de la semaine au sujet de "l'intelligence économique".
L'entretien était réalisé avec M. Brière, commandant de gendarmerie, qui a organisé une formation sur ce thème auprès de ses collègues finistériens.
Au cours de l'entretien, vous l'interrogez sur "l'espionnage industriel". Sa réponse m'a stupéfait : "L'espionnage n'est qu'une forme de l'intelligence économique. Dans cette intelligence économique, il y a des actions qui sont totalement légales."
Doit-on comprendre qu'il y en a qui ne sont pas "totalement légales" ? Qui sont donc illégales ? La formule laisse même presque entendre que ce qui est "totalement légal" n'est pas la norme.
J'ose espérer que les gendarmes vont renforcer leur vigilance à l'égard des entreprises qui pratiquent l'intelligence économique, s'il faut la comprendre ainsi... et feront montre d'une sévérité sans faille à l'encontre des actions "pas totalement légales" de certaines entreprises.
Stéphane G., Auray
Pour compléter la remarque de ce lecteur, voici l'article publié le 13/12/2006 dans Le Télégramme :
L'interview de la semaine Intelligence économique. Les gendarmes se mobilisent
Encore un peu nébuleuse, l'intelligence économique vise, à l'heure de la mondialisation, à maîtriser et protéger les informations stratégiques pour tous les acteurs économiques. La gendarmerie entend apporter sa pierre à cette forme de patriotisme économique. C'est dans ce cadre que le commandant Bièvre, patron de la compagnie de Plourin-lès-Morlaix (29) organisait, à l'attention de ses collègues finistériens, une formation spécifique sur ce thème, lundi après-midi, à la CCI de Morlaix.
Pouvez-vous nous donner une définition simple de ce qu'est l'intelligence économique ?
Il faut dédramatiser ce concept. Le terme peut parfois faire peur. Tout simplement, l'intelligence économique, c'est la sécurité de l'entreprise dans tout ce qui touche à l'information. Dans sa forme offensive, on parle de « veille », veille technologique ou veille commerciale. Dans une société où l'information n'a jamais été aussi présente, les entreprises qui veulent demeurer compétitives doivent absolument avoir un temps d'avance. Dans sa forme défensive, il s'agit de protéger ses acquis.
L'intelligence économique, c'est aussi un outil de connaissance de la concurrence et, parfois d'espionnage, pour les industriels.
L'espionnage n'est qu'une forme de l'intelligence économique. Dans cette intelligence économique, il y a des actions qui sont totalement légales. Le problème est que certaines entreprises ne disposent pas d'un recul suffisant en terme d'information. J'ai en tête l'exemple d'une entreprise de dentelle du Nord de la France dont les salariés étaient particulièrement réputés pour leur savoir-faire. Une entreprise américaine qui s'implantait en France leur a offert un pont d'or pour les débaucher. Ils ont commencé à transmettre leur savoir. Une fois que ce savoir a été modélisé sur informatique, ces mêmes salariés ont été remerciés. Résultat final : la première entreprise française a coulé, l'entreprise américaine a été délocalisée en Asie. Cet exemple est d'autant plus intéressant qu'on n'a pas affaire à une entreprise de haute technologie, mais à une entreprise locale.
Comment les gendarmes peuvent-ils s'impliquer concrètement dans cette mobilisation ?
Comme l'indique le directeur général de la gendarmerie, il revient désormais à chaque grand acteur institutionnel, dans un climat de compétitivité voire d'insécurité économique que vit notre outil de production, de mobiliser l'ensemble de ses services. La gendarmerie, en s'appuyant sur son organisation, son maillage territorial, doit apporter sa contribution à ce dispositif en complément des initiatives publiques ou privées. D'autant qu'il faut rappeler que plus de 90 % des entreprises françaises se trouvent en zone de compétence de la gendarmerie.
La défense économique du territoire peut-elle être considérée au même titre que les autres types de défense ?
La mondialisation, avec l'émergence de la société de l'information et la mutation du capitalisme, a conduit à la modification des formes de guerre. Avant, nous étions plus sur des critères de puissance militaire. Désormais, prime la puissance économique. On le voit très bien avec l'exemple de la Chine, en mesure de faire couler l'économie mondiale. On est passé à une forme de guerre économique et les gendarmes doivent le prendre en compte.
14:10 Publié dans Economie | Lien permanent | Commentaires (3) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : intelligence économique, gendarmerie, knowledge management









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Commentaires
Un travail où les frontières entre espionnage et intelligence économique ne sont pas facile à distinguer; il reste beaucoup de choses à faire.
Écrit par : Saber | 20.12.2006
La gendarmerie est très impliquée dans le concept d'"intelligence et de sécurité économique" depuis déjà de nombreuses années. Elle est par exemple un des acteurs fondateurs principaux (et peut être le principal) de l'IERSE, (Institut d'Etudes et de Recherche pour la Sécurité des Entreprises) qui est aussi une formation de très haut niveau en la matière. L'Institut a, entre autres, comme partenaires l'université Paris 1 - La Sorbonne et le Club de Défense Economique de l'Entreprise qui regroupe nombre de grandes firmes, et organisations de grande dimensions de France.
Il est évident qu'actuellement et depuis la recomposition de l'échiquier géopolitique matérialisé par la chute du mur de Berlin, l'espionnage, qui était à large dominante militaire, est devenu civil et économique. Les moyens déployés qu'ils soient publics (ceux des états) ou privés (ceux des grandes entreprises) sont au moins aussi conséquents (je pense personnellement nettement plus) que du temps de la guerre froide.
Écrit par : MICHOT | 01.02.2008
En matière d'espionnage et en dehors des diaboliques moyens informatiques, notre chère France est une passoire .
la DST, les RG., même le SDECE n'y peuvent rien .
La D.O.T., si elle existe encore , aussi .
On va ,on vient , on se fait même embaucher dans des lieux sensibles où l'on amène , comme à l'Ile Longue
des "stagiaires " de l'étranger .
Question sécurité il y a des caméras partout .
Et les écrans ne manquent pas .
Avec , comme l'autre jour à la télé, mais dans un endroit interdit d'accès , un seul bonhomme devant quinze écrans .
Et nos caméras n'enregistrent pas toujours .
Point de capteurs de sons .
Oh mais c'est qu'il y a encore la liberté de parler .
Point non plus de détecteurs de numériques en focntion quelcoques .
Écrit par : CARIOU | 01.02.2008
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